Calamity roadtrip avec Super Laplaie.

Avec un Super Relou classique, on a toujours la sympathique et courageuse possibilité de fuite. On sourit et hop, on s’eclipse en moonwalk, on tourne les talons, on raccroche, on déconnecte. On disparait. Fini. The end.
Mais un long trajet en voiture avec un Super Laplaie exclu toute possibilité de dérobade. Aie.

Aie, oui aie comme vous le rappelle régulierement Super Laplaie, AIE.

Je sais pas si je t’ai parlé de ma gonalgie de l’articulation fémoropatellaire ?

Autrement dit, l’autre relou a mal au genou. Et ca oui, on le savait déjà. C’est d’ailleurs pour ça qu’on se cogne de faire le chauffeur sur 6h de trajet et aussi pour ca que ses béquilles barrent le pare-brise arrière d’un X menacant. Béquilles que Super Laplaie n’utilise d’ailleurs jamais, mais transporte comme un vétéran arbore sa médaille.

On est drolement mal installé dans cette voiture et on aurait du prendre la mienne.

Cet huis-clos avec la mauvaise foi incarnée risque d’être pénible. Super Laplaie était catégoriquement contre prendre sa voiture. Sa voix encore résonne « bah, non, on prend ta caisse vu que c’est toi qui conduit » mais on ne relève pas. Encore 5:00 de route. On se replie dans son petit monde intérieur. Tout va bien. Ca n’est qu’une question de temps.

MMMMEUIIIIAAOOOUUU.

Damned, voilà Super Le Chat qui s’y met. Forcément, c’était trop beau. Il était là, dans sa petite cage rouillée, sagement endormi jusqu’à ce que Super Laplaie décide qu’il serait mieux installé sur notre appui-tête,

pour mieux voir la route

Super Le Chat, qui n’avait rien demandé, se retrouve terrifié, toutes griffes cramponnées a la ceinture de sécurité et à notre cuir chevelu. Sa queue s’ourle sur notre oeil gauche en un point d’interrogation qui semble dire « Qu’est-ce que je fous là ? » et c’est bien ce qu’on se demande aussi. Encore 4:00.

Mets toi sur la file de gauche. Roule plus vite. Attention y’a un camion. Fais lui un appel de phare. Roule moins vite. Double-le. Prends la Départementale.

Un vrai GPS approximatif à volume non modulable. A l’évidence, Super Laplaie aimerait conduire à notre place mais peut pas à cause de son gogalgie .. gnonalgie .. gonalogie.. heu, a cause de son genou.
D’ailleurs on a 4h dans les notres de pattes et on décide de marquer une vraie pause. On tente de se dégourdire les guibolles 5 minutes, et respirer SEUL un peu de gaz d’échappement sur le parking mais Super Laplaie nous talonne en trainant la patte et en gromelant qu’il devrait pas marcher, oui, oui, on sait, à cause de son

genou

On lui dit qu’il peut attendre dans la voiture et tenir compagnie à Super Le Chat mais il insiste pour nous suivre dans la boutique.
Alors qu’on commence tout juste à flaner entre les dragées à l’anis et les cartes routières, Super Laplaie nous fait re-remarquer que la position verticale lui est inconfortable et qu’il serait temps de se remettre en route.

C’est bof ta musique là, tu veux pas changer ? C’est plus pratique si c’est toi qui choisi.

Super Laplaie deverse 57 CDs en vrac sur nos genous (valides, eux) alors qu’on double un semi-remorque dans un virage.

Mais mets un truc qui bouge mais calme.

Mais quelle plaie ce mec. Quelle plaie. Encore une heure. Elle s’égraine aussi lentement que 3 600 secondes. Mais passe, enfin, passe.

En fait, je crois que ca m’aurait moins fait mal si j’avais conduis. Tu conduis un peu brusquement. C’était moyen agréable.

Pffff, c’est pas bien de se foutre de la charité.

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